L’entrepreneuriat féminin est en pleine croissance à l’échelle mondiale. Si les raisons d’entreprendre sont diverses et souvent influencées par des facteurs personnels et sociétaux, plusieurs tendances et chiffres permettent d’éclairer sur les principales motivations. Décryptage dans cet article.

Indépendance financière et autonomie
L’un des principaux moteurs de l’entrepreneuriat chez les femmes reste l’indépendance financière. Une étude menée par la Banque Mondiale a révélé que 47 % des femmes entrepreneures déclarent que leur priorité est de créer leur propre source de revenus et d’accéder à la sécurité financière. En 2019, selon une étude de KPMG, environ 45 % des femmes qui ont créé leur entreprise le faisaient dans le but d’avoir plus de contrôle sur leurs finances. Cependant, malgré ce désir de liberté financière, les femmes rencontrent souvent des difficultés d’accès au financement. Une enquête de European Investment Bank a révélé qu’en 2020, 26 % des femmes entrepreneures rencontraient des difficultés à obtenir des financements contre 17 % des hommes.
Passion, créativité et désir de se réaliser
L’entrepreneuriat permet aux femmes de suivre leur passion, de mettre en œuvre des idées créatives et de se réaliser personnellement. Selon une enquête menée par Bain & Company, 70 % des femmes entrepreneures ont déclaré que la liberté d’exprimer leur créativité était l’une des raisons principales de leur choix entrepreneurial. Toutefois, ces motivations se manifestent souvent dans des secteurs dits « féminins », comme les services à la personne, l’éducation, ou l’artisanat. Par exemple, une étude de Statista révèle que 52 % des femmes entrepreneuses opèrent dans des secteurs sociaux ou de service, contre seulement 32 % des hommes.
Flexibilité et équilibre de vies
L’un des atouts majeurs de l’entrepreneuriat est la flexibilité offerte. Selon une étude réalisée par McKinsey, 60 % des femmes indiquent que l’entrepreneuriat leur permet de mieux gérer l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Cette flexibilité est particulièrement importante pour les femmes ayant des enfants ou des responsabilités familiales. Cependant, une étude de Harvard Business Review montre que, paradoxalement, 60 % des femmes entrepreneures trouvent que la pression de devoir « tout gérer » au sein de leur propre entreprise est plus lourde que dans un cadre salarié.
Impact social et conduite du changement sociétal
Certaines femmes entreprennent pour avoir un impact social et répondre à des problématiques sociétales. En 2021, une étude de WEF (World Economic Forum) a révélé que 50 % des femmes entrepreneures choisissent de créer des entreprises dans des domaines à impact social ou environnemental. L’entrepreneuriat féminin se distingue ainsi par une forte volonté de contribuer aux changements sociaux. De plus, la croissance des entreprises sociales dirigées par des femmes est particulièrement marquée en France. Par exemple, en Île-de-France, 40 % des startups dirigées par des femmes se concentrent sur des projets sociaux.

Inspirer et influencer
L’un des objectifs de nombreuses femmes entrepreneuses est de devenir un modèle pour d’autres, en particulier pour les jeunes filles. Une étude menée par Goldman Sachs a révélé que 65 % des femmes entrepreneures affirment qu’elles souhaitent inspirer d’autres femmes à se lancer dans l’entrepreneuriat. Cependant, être un modèle peut aussi être un fardeau. D’après une étude de Harvard Business Review, 42 % des femmes entrepreneures se sentent souvent confrontées à des attentes sociétales élevées, ce qui peut créer une pression supplémentaire et rendre leur parcours entrepreneurial plus difficile.
Obstacles spécifiques et accès aux ressources
Les femmes entrepreneures rencontrent des obstacles structurels importants, notamment en ce qui concerne l’accès au financement et à la reconnaissance. En 2020, une enquête de American Express a montré que les entreprises dirigées par des femmes génèrent, en moyenne, 40 % de revenus en moins que celles dirigées par des hommes, en grande partie à cause de l’accès limité au capital. En outre, selon un rapport de McKinsey & Company, seulement 16 % des entreprises de capital-risque investissent dans des entreprises dirigées par des femmes, ce qui représente une inégalité flagrante dans l’accès aux ressources financières.
Le soutien : essentiel, mais inégal
Le soutien est crucial pour la réussite des femmes entrepreneures, mais il reste inégal. Une étude de Global Entrepreneurship Monitor montre que 58 % des femmes disent bénéficier du soutien de leurs familles et amis dans leur démarche entrepreneuriale, contre 72 % des hommes. De plus, le soutien institutionnel varie d’une région à l’autre : en Europe, 70 % des femmes déclarent que les politiques publiques favorisent leur développement entrepreneurial, alors que dans d’autres régions du monde, comme en Afrique, ce chiffre chute à 35 %.
L’impact à long terme de l’entrepreneuriat féminin sur la société
L’impact de l’entrepreneuriat féminin à long terme se mesure aussi à travers la diversité qu’il apporte au paysage économique. Selon une étude de Bain & Company, les entreprises dirigées par des femmes génèrent des rendements financiers supérieurs de 20 % à ceux des entreprises dirigées par des hommes. En outre, ces entreprises sont plus susceptibles de promouvoir des pratiques commerciales inclusives et de mettre en place des initiatives de développement durable. Le nombre croissant de femmes entrepreneuses transforme non seulement les industries mais contribue aussi à l’émergence de nouvelles normes de gestion et de leadership.
Les motivations des femmes à entreprendre sont multiples et souvent liées à la quête d’autonomie, de créativité et de contribution sociale. Cependant, elles doivent naviguer dans un environnement qui leur est parfois moins favorable, où les obstacles structurels, comme l’accès au financement et la reconnaissance, demeurent importants. Malgré ces défis, l’entrepreneuriat féminin joue un rôle majeur dans la transformation de l’économie mondiale, offrant à la fois des opportunités et des modèles pour les générations futures. Pour permettre à l’entrepreneuriat féminin de se développer pleinement, des politiques publiques inclusives, un meilleur accès au capital et une plus grande reconnaissance des talents féminins sont indispensables.